Interview d’Éric MARYNOWER
Exposition au Kursaal de Besançon, du 10 au 11 octobre 2026
Samedi 14h -18h
Dimanche 10h -18h
Quelques mots pour te présenter :
Je suis Éric MARYNOWER, c’est tombé sur moi sans qu’on ne sache bien l’expliquer. J’envisage d’abord différents métiers, presseur de jus d’orange, golfeur ou ingénieur, mais je deviens finalement créateur lumière pour le théâtre à vingt ans. Je me passionne pour la lumière, je l’observe, la manipule, j’en fais mon medium. Au théâtre, je développe ma manière de faire, assez minimaliste et tournant beaucoup autour du clair-obscur, avec des directions tranchées et des références récurrentes aux peintures de De la Tour et de Caravaggio. Crise du Covid, crise économique et crise de la quarantaine, j’apprends que photographier signifie écrire avec de la lumière, surexcité par ma découverte étymologique et passionné de peinture, je m’intéresse à la technique du light-painting. Contrairement au théâtre, on peut faire de la photographie tout seul, j’en profite pour lancer le projet d’autoportraits « moi tout seul ».
Quand et comment as-tu débuté en photo ? Qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?
A vingt ans je fais des photo-montages, des superpositions d’images dans l’idée copier le fonctionnement de la mémoire, avec des associations d’idées, des confusions, des oublis et des obsessions. Comme un souvenir qui se reconstruit à chaque évocation, la photographie que j’aime est un espace mouvant où le réel se trouble et laisse place au merveilleux. A contre-courant de l’intelligence artificielle générative, je cherche à créer des images avec mes mains, avec ma tête, avec tout ce que je suis, corps, esprit, cheveux…
De quoi parle ton exposition ?
Je m’ennuie, c’est le point de départ. Je désespère de n’être que moi-même et souhaite désespérément réussir à être moi-même. « moi tout seul » est une série d’autoportraits en pose longue éclairés exclusivement à la lampe de poche par mes deux mains, sans montage ni retouche. La règle du jeu dit que « moi tout seul » doit se faire tout seul, je suis à la fois le photographe, le modèle et l’éclairagiste ; je me photographie en train de fabriquer la photographie. C’est à la fois une recherche sur le moi et une tentative de déformation de l’espace-temps à main nue. La lumière est constamment mobile et trouve son chemin à l’intérieur du cadre, je jongle avec la lumière qui s’efforce de m’échapper. Le corps devient pinceau et la lumière une encre, j’invite l’imaginaire dans le réel et tente d’attraper l’éphémère, entre apparition et esquive. J’avance sans savoir où je vais, je m’observe, je me constate, je me découvre et enfin je m’invente. Une multitude enthousiasmante de possibles se révèle, vertigineuse, angoissante et merveilleuse. Je visite cet inconnu.
En général, quels sont les sujets qui t’intéressent ? Qu’est-ce que tu y cherches, y trouves ?
J’aime la lenteur de la lumière, l’élasticité du temps, la souplesse de l’espace, la vie, le tout, le vide. J’aime le clair-obscur, j’utilise l’obscurité comme une absence de signifiant pour laisser sa place au spectateur, laisser son imagination compléter et enrichir l’image.
Lien hypertexte vers le site internet où l’on peut te retrouver :
eric-marynower.fr

