– Quelques mots pour te présenter :

J’ai essayé de trouver un mot pour me présenter plus rapidement : « photographeur ». L’idée est d’être surtout un constructeur, un assembleur de savoirs faire (les miens ou ceux des autres) et d’aller à la rencontre de personnes lumineuses et passionnées. Parfois, c’est une approche non préparée, brute, une prise de vue spontanée d’une émotion pure… celle que l’on croise dans une rue. Parfois c’est un travail de studio long et laborieux qui rassemble des compétences et des artistes divers (coiffeurs, artistes performers, sculpteurs, danseuses…)

– Quand et comment es-tu tombé dans la photo ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

J’ai débuté la photographie en 1997 avec Frédéric Bitter, amateur d’images d’architecture en nocturne. Je me intéressé plus particulièrement aux portraits et aux scènes de la vie quotidienne. M. J-C Boillon m’a ouvert les portes de l’institution Sainte Marie à Belfort en 1999 pour préparer ma première exposition m’a inscrit à mon premier concours national organisé par la F.F.P. (Fédération Française de Photographie) où j’ai remporte le prix Mercurey. Mon premier reportage argentique N&B plus long a été effectué sur la vie quotidienne en Pologne en juillet 2000. Cette série de planches a été complétée par d’autres photographies tirées de mon voyage au Mexique en 2001 (stage de 7 mois à la télévision TV Azteca de Guadalajara). Les photographies ont illustré un projet d’édition « Luxa, lune et lumière », elles sont accompagnées d’une histoire que j’ai écrite et qui est basée sur mon carnet de voyage.  Depuis ma transition entre l’argentique et le numérique en 2011, je me suis intéressé aux transformations de mes images via Photoshop dans le but de créer un univers singulier adapté à mes modèles. L’idée est de retrouver des vecteurs communs pour construire un visuel sur la base d’une histoire… j’utilise mes pinceaux pour mes bodypainting ou mes maquillages, intègre des habits de métal ou des tissus éphémères. Mais au-delà de mes outils de création, ce qui m’anime réellement et de croiser le rayon de lumière qui habite les véritables fous de milliers de mondes.

– Quels sont les sujets qui t’intéressent ? qu’est-ce que tu y cherches, y trouves ?

Les sujets sont tellement sont ceux qui touchent les émotions, ils sont donc quasi infinis… Mais pour répondre plus concrètement, j’ai essayé de faire quelques catégories pour classer les images que je réalisais le plus souvent autour des univers que j’affectionne plus particulièrement : le freaky circus, le steampunk, le post apo, le vintage, le cabaret, le burlesque, le fantasy & contes, le rock, punk, métal, le monde du fetish, latex, shibari, l’ethnique & la world culture, le cinéma…   

– Qui sont les photographes qui t’inspirent ou dont tu apprécies particulièrement le travail ?

Pas du tout dans mon style actuel mais celui que j’affectionne le plus encore aujourd’hui  : Edouard Boubat, Henri Cartier Bresson,Willy Ronis, Brassaï, Sebastiao Salgado, Marc Riboud, J.L Sieff.. Pour mes compositions actuelles, je ne me suis pas inspiré de photographe mais j’ai plus en tête un peintre comme Magritte. J’aimerais d’ailleurs me permettre encore plus de décalage de fenêtre de paysage dans les paysages ou des décalages de perspectives volontaires. Je pense plus à de l’illustration à du dessin quand je réalise mes montages. Je n’ai pas forcément envie de faire une photo réaliste, bien proportionnée… 

– Qu’est-ce que tu présentes dans ton exposition ?

Je vous présente une série autour de la femme animale que j’ai intitulée Animalis Corpus : Aux confins de l’âme d’une femme, nous pouvons apercevoir les ombres et les lumières du règne animal. Aux aurores de sa mue, elle nous invite parfois à un voyage organique et sauvage, dans les entrailles d’un faune, entre les écailles de ses pulsions. Elle aspire un pouvoir indéfinissable à sa créature totem, elle prend son envol entre nos printemps et nos hivers, elle conduit nos pas du terrier des anges aux charniers étranges. Affranchie ou non de ses peurs, de ses angoisses, elle ondule comme on pleure sur des tapis de chairs et de cendres. J’ouvre leur livre en illustrant leur chapitre grâce à mes maquillages et mes images triturées. Découvrez leurs armes singulières déployées pour survivre et se protéger, vous séduire ou vous dévorer. Mes compagnons (sculpteurs, coiffeurs, inventeurs, malaxeurs…)  et moi-même avons brodé des costumes de pigments et de fer pour faire surgir la silhouette d’une fée électrique ou la chevelure d’une méduse. Approchez-vous de l’ « amante » religieuse, des  7 « mères », elles seront parfois douces et câlines, parfois féroces et mutines,  approchez-vous, n’ayez pas peur des prédateurs en fleur ! 

Pour l’illustrer, as-tu une préférence parmi les photos que tu nous as envoyées, et laquelle ?

Ce n’est pas vraiment une préférence visuelle mais c’est plutôt une image récente qui illustre mon envie de combiner les différentes formes artistiques que j’aborde. Cette photo de mante religieuse est née d’un texte de chanson que j’ai écrite « Black Mantis ». J’ai ensuite préparé mon shooting en amont en créant mes prothèses buccales en latex à partir de faux ongles pour en faire des dents…, réalisé mon shooting après un long bodypainting puis construit le fond en fonction du thème de ma chanson : les crânes au sol représentent les hommes dévorés par cette femme animale. Le tout fonctionne comme une unité. Il y a derrière cette photo ce que je veux apporter comme des fragments d’auteur, de plasticien, de maquilleur, de photographe et d’infographiste…  

– ET pour la suite ? des projets, des envies de découvertes, d’évolution ?

Oui bien sûr, toujours, il faut… Premièrement. Premièrement, faire vivre mon camion studio photos et scène de concert l’explorus (construit l’année dernière), préparer de nouvelles scènes avec ma compagne et performeuse Frederica Lolly (images et shows originaux), monter un spectacle musical et un roman photos associé autour de mes photos… Et toujours apprendre et se perfectionner…  

Rendez-vous sur le site de Jeff : http://www.jfmougenot.com avant de le rencontrer au Kursaal les 19 et 20 octobre.

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