– Quelques mots pour te présenter : 

Je suis pâtographe :  Je photographie des mots formés par des petites pâtes alphabet posées sur ma langue. Je me sens donc plus une illustratrice de mots qu’une photographe c’est pourquoi j’ai choisi ce terme de pâtographe. Même si on ne peut nier que l’image est très présente dans mon travail bien entendu puisqu’elle est là pour donner du sens (ou contre sens) au mot, l’image est complémentaire mais aussi indispensable.

Je suis autodidacte et avant tout une femme de lettres, j’ai toujours eu le goût de la littérature et suis diplômée de Lettres Modernes, avec la pâtographie je lie mon amour des mots et des images. Mon travail a pour axe les mots et les jeux de mots avec un univers coloré, très féminin, sensuel, sexy et ‘pulpissime’.

– Quand et comment es-tu tombée dans la photo ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ? 

Avec la pâtographie j’ai trouvé un mode d’expression unique et très personnel. Je suis tombée par hasard dans la photo, disons que ce sont les mots qui m’y ont invitée. La pâtographie est peu à peu devenue un souffle nécessaire à ma vie, un espace de bien-être et d’épanouissement, je ne saurais plus vivre sans. D’ailleurs quand je ne peux créer, je sens ce trop plein de mots en moi, une douleur physique qui se libère dès que je peux les imager.

Même si je travaille en selfie et m’impose cette contrainte de la main (je pose à bout de bras, je n’ai pas de pied), je ne me sens pas modèle, je suis plutôt le support aux petites pâtes, je suis à leur service ou au service de cet art singulier qu’est la pâtographie. Il n’y a aucun sentiment d’autosatisfaction à me voir dans mes mises en scène, d’ailleurs je ne me vois pas, je ne vois qu’un support au service d’un mode d’expression.

– Quels sont les sujets qui t’intéressent ? qu’est-ce que tu y cherches, y trouves ?

Ce qui m’intéresse ce sont les mots, leur sémantique, leur sens et contre sens. Je suis sans doute monomaniaque à ne photographier que des mots, mais le langage, les mots sont un champ d’exploration sans limite et qui me fait vibrer.

Mais je ne peux pas nier que je cherche aussi à prouver que sous un ordinaire (une nouille) peut se cacher de l’extra-ordinaire au sens premier du mot.

J’ai toujours eu envie que l’ordinaire prouve qu’il ne l’est pas vraiment. Alors quoi de plus ordinaire qu’une nouille, une pâte (cet aliment si ordinaire), je me disais : « si tu arrives à rendre ce truc érotique, fantaisiste, profond, sexy, tu prouveras que la sensualité, l’érotisme, la fantaisie se cachent partout, même au rayon de ton supermarché et ton pari sera réussi ».

Je crée donc un univers sexy, sensuel, féminin drôle avec un objet du quotidien : Une nouille ! (ce mot est même une insulte …’tu es une nouille’ … Montrons que cette nouille peux vous épater)

Bien évidemment sous cette petite nouille c’est l’envie de prouver que tout corps peut- être érotisable … même les corps que l’on essaye de nous faire croire qu’ils ne se sont pas ! Sous cet aliment ordinaire, il y a la volonté que la femme ordinaire soit érotique, sexy, envoutante,  je veux dire toute femme même celle qui se pense, ou, que l’on pense ordinaire, puisse se sentir libre de transformer (transcender) l’image d’elle-même ou qu’elle a d’elle-même. L’érotisme, le sexy, le charme n’est pas forcément une question de corps mais d’attitude.

Et au fil de mes créations, c’est l’envie que sous cet ordinaire, la fantaisie, l’humour, la femme (les femmes) s’exprime en toute liberté, l’ordinaire cache des surprises merveilleuses qui  naviguent entre poésie, tendresse, provocation et érotisme. Et je dédie cet art aux femmes, afin que sous leur ordinaire elles dévoilent cette fantaisie extra-ordinaire. Je ne suis ni une donneuse de leçon ni un gourou, mais j’aimerais que les femmes (ou les hommes d’ailleurs) se sentent libres d’exprimer en dehors de toute idée de ‘cela se fait-cela ne se fait pas’ ce qu’elles (ils) ont envie d’exprimer.

Je suis une femme abandonnée à son art

– Qui sont les photographes qui t’inspirent ou dont tu apprécies particulièrement le travail ?

Man Ray – Brassaï – Kourtney Roy pour la féminité pop en autoportraits – Gisèle Freund pour ses portraits d’écrivains – Yevonde Middleton née en 1893 pionnière dans l’utilisation de la couleur dans les portraits photographiques. Jean Cocteau pour toute son œuvre (littéraire, cinématographique, photographique) et les écrivains en général qui m’inspirent beaucoup !

– Qu’est-ce que tu présentes dans ton exposition ? 

J’ai choisi de présenter un thème abordable par tout public, les SUPER-HEROS, version pâtographe. Hulk, Dark vador, BatMan, Yoda sont le prétexte à des jeux de mots ou mots tendres. Un univers qui peut faire écho à plusieurs générations.

– ET pour la suite ? des projets, des envies de découvertes, d’évolution ?

La pâtographie évolue sans cesse et je le souhaite ainsi.

Si je vais au bout… de mon art, Il n’y en a pas car le langage, les jeux de mots, les mots me semblent un champ d’exploration tellement vaste que je m’étourdis à penser que je n’aurais jamais le temps de réaliser tout ce que je peux créer … Cependant l’aboutissement ultime serait un dictionnaire pâtographique, bien entendu !

Si pour moi il n’y a pas de limite à ce langage, sans être une fin, j’ai quand même pour souhait le développement de l’édition de mes mugs pâtographiques car c’est un produit que j’adore travailler et qui rend ce petit art très ludique ! J’ai également lancé en juin 2018 une collection de t.shirts pâtographes.

Je suis une femme de projets et j’aime aller de l’avant, j’ai besoin de sentir que j’ai des idées, des inspirations … Même si souvent je dois me canaliser pour ne pas partir dans tous les sens.

Actuellement je travaille en parallèle de mes visuels sur un projet littéraire, un recueil de nouvelles érotiques qui seront illustrées de mes images.

Quant à mes envies, sans doute de continuer quelques séries en duo avec un homme pour échanger des messages tendres et poétiques, des collaborations avec d’autres artistes (comme avec Valérie Brunet qui crée des petits personnages en crochet pour certains de mes visuels), des nouveaux mots, sujets à illustrer. Je suis aussi toujours en quête de nouveaux lieux pour faire découvrir mon travail…Et je remercie Grain d’pixel pour ce coup de projecteur !

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